Photographies post-mortem, étrange pratique du XIXème siècle

Contenu sensible, genre, va plutôt lire l’article sur les bisous si t’aimes pas trop les morts.

La mort, c’est pas drôle, ça fait peur, et ça pue. Au bout de quelques jours, je vous jure que ça pue. La mort, moi j’aime pas trop ça, du coup, j’en parle pas trop ici. Je préfère parler des vivants qui se font torturer, par exemple, c’est plus joyeux, non ? (non). Bref, aujourd’hui, je vous parle de morts qui sont morts.

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 Les photographies post-mortem

Au XIXème siècle, il existe principalement en Angleterre, un peu partout en Europe mais aussi en Amérique du Nord, une pratique très bizarre : prendre les morts en photo. Bin oui, sur chaque photo de cet article, il y a au moins un mort. Je vous laisse jouer à les retrouver. Bien souvent, c’est facile. Dans les familles européennes des années 1800, on procrastine. On remet tout au lendemain. Les photos de famille, celle du papi, du cousin, ou du petit dernier… Lorsque la mort frappe l’un d’entre eux, il n’y a aucune photo à leur image, et ça, ça embête beaucoup les vivants. Aussi, avec l’apparition du daguerréotype en 1839 et du développement de la photographie, il n’y a plus de problème. On rassemble toute la famille, on sèche les larmes, et on fait une belle photographie post-mortem. Chelou hein ?

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A l’époque, la mortalité infantile est très importante. Continuer la lecture

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Elisabeth Eidenbenz et les réfugiés de la maternité suisse d’Elne

Les enfants - maternité suisse d'Elne

Aujourd’hui, je vous raconte une jolie histoire dans un contexte triste et sombre, celui de la guerre d’Espagne et de la Seconde Guerre mondiale. La jolie histoire, c’est celle d’Elisabeth Eidenbenz, une jeune femme qui va donner de son temps … Continuer la lecture 

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L’héroïne de Minsk, Macha Brouskina pendue à 17ans

Concrètement aujourd’hui, je ne raconte pas une histoire drôle, et je ne parle même pas de bite. Je vais vous parler d’une exposition qui a eu lieu à la BNF et qui a donné naissance à un livre que j’ai déjà évoqué dans deux articles. Ce livre, c’est Controverses Une histoire juridique et éthique de la photographie de Daniel Girardin et Christian Pirker.

Des expositions de photographies, diverses et variées, il y en a souvent. Mais celle-ci mêle la beauté, les montages (les fées), les polémiques juridiques (le Baiser de l’Hotel de Ville) et la mort. Aujourd’hui je vous parle de l’histoire des photographies de l’Héroïne de Minsk. C’est pas une jolie histoire.

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Le 26 octobre 1941, dix biélorusses sont pendus au centre de Minsk par des soldats Allemands. Ou affiliés. L’idée c’est de donner l’exemple. Regarde, ils se sont révoltés, ils ont lutté contre notre puissance et notre idéologie, nous les avons pendus. Nous gagnons toujours. Surtout, n’essayez pas de vous battre.

C’est ça l’idée. Pour que ça marque bien les esprits, les corps doivent rester suspendus plusieurs jours, jusqu’à une décomposition avancée. Quand ça coule et que ça pue.

Aucune photo dégueulasse n’est affichée dans l’article, les photos des personnes pendues sont toutes dans les liens en rouge.

 Les pendus

 Macha Brouskina

Macha (ou Maria) Brouskina est née en 1924. Elle est née dans une famille juive, mais aucune info n’est dévoilée. On ne sait pas grand chose. D’ailleurs, pendant plusieurs dizaines d’années son identité a été cachée. Bin oui, faudrait quand même pas qu’on sache que l’héroïne est juive… C’est en 1996 qu’elle est rendue publique, et qu’on lui rend hommage.

Lorsque la Wehrmacht arrive en juillet 1941 à Minsk, la jeune fille est forcée de vivre dans le ghetto de Minsk avec sa famille. Et puis, elle va s’engager dans la résistance. C’est une militante convaincue du parti communiste. Elle s’engage comme infirmière à l’hôpital de l’Institut de polytechnique, mis en place pour soigner les victimes de l’Armée rouge. En plus de son rôle d’infirmière, elle fait du trafic de documents, et d’armes pour permettre aux soviétiques d’attaquer les Allemands. Elle va aussi aider de nombreux soviétiques à fuir en utilisant de faux papiers d’identité.

Le 14 octobre 1941 elle est arrêtée par des troupes nazies. Elle a été dénoncée, ainsi que ses complices : Volodia et Kiril. Continuer la lecture

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