Sainte-Lucie, chrétienne torturée d’avoir voulu rester vierge

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Lucie de Syracuse est une petite meuf bien dans sa peau et bien dans sa religion. Elle est déjà orpheline de père, lorsque sa mère, Eutychie, tombe malade en 304 de notre ère. Pour tenter de sauver sa peau, elle invoque Sainte-Agathe, elle aussi Sicilienne. Il n’en faut pas plus pour que la mère de Lucie soit rapidement sur pied, c’est ce qu’on appelle une guérison miraculeuse ! Soulagée et reconnaissante d’avoir pu soigner sa mère, Lucie décide alors de vouer sa vie à la religion ; le christianisme. Pour cela, elle commence par être charitable, elle distribue l’héritage légué par son père aux plus démunis et bien évidemment, elle fait le vœu de rester vierge toute sa vie.

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Il y en a bien un à qui tout cela déplaît… Avant de mourir, le père de Lucie avait promis sa fille en mariage à un homme. Et le mec, il fait bien la gueule de voir que sa future épouse jette l’argent par les fenêtres alors qu’il est censé lui revenir dès leur union et en plus, épouser une meuf qui compte bien rester vierge, c’est trop pour lui ! Pour être certain que l’union défavorable qui se prépare ne se fasse pas et pour se venger, il décide de dénoncer Lucie au consul Pascasius afin que les édits de Dioclétien s’appliquent sur ses faits et gestes car Lucie devenue chrétienne est une ennemie des divinités de l’Empire. Face à cette menace, Lucie décide de s’arracher les yeux (quoi de plus normal…) et de les envoyer dans une boite à celui qui devait être son époux, comme pour le défier. La vierge Marie lui aurait alors apporté une nouvelle paire encore plus belle. Aussi, Sainte-Lucie est souvent représentée avec un plateau dans les mains sur lequel on peut voir ses yeux. Tout comme Sainte-Agathe qui porte ses propres nichons après son supplice. Continuer la lecture

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Loi du 14 juillet 1933, la stérilisation obligatoire pour les sourds

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Dans un précèdent article, je vous parlais de l‘euthanasie des handicapés physiques et/ou mentaux pendant le IIIeme Reich. Aujourd’hui, je garde ma plume guillerette pour une autre fois et je vous raconte l’histoire de la loi du 14 juillet 1933, celle qui impose la stérilisation pour certains malades, parmi eux, les sourds, les aveugles, les alcooliques, les schizophrènes… Nous parlerons aujourd’hui des personnes atteintes de surdité totale ou partielle.

La politique eugéniste de l’Allemagne nazie

Vous commencez à le savoir, le gros délire de l’Allemagne nazie est d’avoir une race pure et pour ça, elle lutte activement contre la dégénérescence raciale et l’augmentation des populations dites « nuisibles » comme les juifs (ben oui), les malades mentaux, les homosexuels mais aussi les sourds. Ouais, les sourds. C’est assez dingue, sans mauvais jeu de mot, on n’entend jamais parler d’eux, c’est pas une communauté franchement unie et dangereuse (je dis pas que les juifs ou les homos le sont plus hein, attention) et pourtant les nazis comptent bien les faire disparaître. Progressivement.

Tout commence aux USA, ou l’eugénisme est très présent à la fin du XIXe siècle. Alexander Graham Bell a beaucoup travaillé sur la surdité et il en a conclu qu’elle est héréditaire et que des parents congénitalement sourds sont plus susceptibles de faire des gamins sourds que des bien entendants. De fait, la solution est toute simple : il faut leur interdire le mariage ! Et si ce n’est pas suffisamment efficace, on va les stériliser. Continuer la lecture

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Klaus Barbie, l’histoire du « Boucher de Lyon »

Le 11 mai dernier, on a fêté les 30 ans du procès de Klaus Barbie, pour l’occasion pas de cotillons ni de musique de fête mais je vous conseille plutôt une exposition lyonnaise au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation et cet article sur le « Boucher de Lyon ». Ça prend aux tripes, parfois même, disons-le, ça donne la gerbe.

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Klaus Barbie, du nazillon au chef de la Gestapo

Nikolaus Barbie, appelé Klaus Barbie est né à Bad Godesberg (aujourd’hui il s’agit d’un quartier de la ville de Bonn) le 25 octobre 1913. Après son baccalauréat, il décide d’adhérer aux Jeunesses Hitlériennes en 1933 (voir aussi Irma Greese). C’est une révélation pour Klaus Barbie, il adore ça et assimile l’idéologie à fond. Aussi, deux ans plus tard, il intègre la SS et travaille au sein du service de sécurité du parti nazi. Force est de constater que le mec travaille bien, il suit toutes les formations et s’investit comme aucun autre de ses collègues. Aussi, il entre à l’école d’officier en 1937. C’est le début de sa célèbre carrière en tant que SS… Klaus Barbie gravit les échelons rapidement, en avril 1940, il est nommé sous-lieutenant SS. C’est classe. Tellement classe qu’il parvient à séduire une jeune femme rencontré au parti nazi : Regine Willms. Ils auront deux enfants et resteront mariés à vie.

Rapidement Klaus Barbie se fait repérer par les chefs nazis, il est aimable avec ses collègues, détestable avec le reste de l’humanité, il fait du bon boulot du coup, on décide de l’envoyer au Pays-Bas après l’invasion du pays en 1940. D’abord à La Haye puis à Amsterdam. Son job est simple : il doit traquer les juifs, les francs-maçons et les émigrés allemands. Il rafle tout le monde, organise des pelotons d’exécution et on le remercie. Il est promu lieutenant SS et est décoré de la croix de fer de seconde classe en 1941. Ensuite, direction la Russie où il suit notamment un stage de parachutiste. Enfin, Klaus Barbie va être amené à travailler en France où il devient « le Boucher de Lyon ».

Le Boucher de Lyon, le travail de Klaus Barbie en France

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En 1942, Klaus Barbie s’est fait une petite réputation dans le milieu nazi, il n’a que de bonnes recommandations et il parle le français, c’est pourquoi il est nommé chef de la sécurité à Gex (dans l’Ain) tout proche de la frontière suisse, avec une mission bien particulière : il doit enlever un homme. Un agent secret russe qui réside à Genève : Alexander Foote. Lorsque Klaus Barbie parvient à soudoyer des gardes à la frontière et arrive à Genève, Foote a déjà disparu, alors en juin 1942, Klaus Barbie est envoyé à Dijon, puis à Lyon où il devient le chef de la Gestapo. C’est dans l’exercice de la torture que Klaus Barbie va véritablement briller. Y’a pas à dire, il fait du bon boulot. Continuer la lecture

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Henry Cotton, le psychiatre arracheur de dents

Aujourd’hui je vous parle d’un médecin psychiatre, Henry Cotton, qui a mis en place la chirurgie bactériologique. Il s’agit d’une pratique thérapeutique consistant à arracher des dents ou des morceaux d’organes pour soigner des troubles psychiatriques. #SPOILER : ça ne marche pas et les gens meurent. Henry Cotton a pu opérer de nombreuses personnes pendant près de 30 ans avant de devoir arrêter d’exercer. Découvrez l’histoire folle de cet arracheur de dents illustrée par Uzu !

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La théorie de la chirurgie bactériologique

Henry Cotton est né en 1876, et au début des années 1900, il part étudier en Europe auprès d’Alois Alzheimer -oui, lui même- et d’Emil Kraepelin, deux figures de la psychiatrie du XXe siècle. Leur professeur est le docteur Adolf Meyer à l’école de médecine John Hopkins. C’est un peu le top en matière de psychiatrie à cette époque. L’école, les méthodes d’enseignement et les pratiques thérapeutiques se veulent progressistes et on base tout sur l’observation des patients. Ce qui paraît être une bonne chose mais concrètement, on n’y connaît pas encore grand chose en psychiatrie et on tâtonne beaucoup. Henry Cotton est à contre-courant des théories européennes et américaines de l’époque, il ne s’intéresse pas à l’eugénisme, à l’hérédité ou encore aux théories freudiennes sur les traumatismes, lui ce qui le fait kiffer c’est ce qu’il va appeler la chirurgie bactériologique. Avec son ancien professeur Adolf Meyer, Henry Cotton constate que les patients victimes d’une poussée de fièvre très élevée ont souvent des hallucinations ou des propos délirants. Meyer en déduit alors que des bactéries sont à l’origine de troubles psychiatriques. Ben oui, si les bactéries sont à l’origine de la fièvre et que la fièvre conduit à des hallucinations, alors les bactéries sont la source des hallucinations et des troubles psychiatriques. C’est un sophisme ça non ? (désolée, le bac c’était y’a 9 ans, je me rappelle plus bien).

Partout dans le monde, Henry Cotton va expliquer ce qu’il appelle : la chirurgie bactériologique, sa théorie basée sur la croyance que les troubles mentaux sont des manifestations d’infections non visibles et dont le seul traitement possible est l’ablation des organes infectés. Sauf que vu que l’infection est non visible, le médecin va enlever de nombreuses dents, sinus, ovaires, testicules, morceaux de colon et d’intestin à l’aveugle et pour rien car aucune de ces parties du corps ne sont véritablement contaminées. Il va également faire de nombreux morts…

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