Shunga, pornographie et censure de l’art japonais

Aujourd’hui je vous parle d’un art lointain, dans le temps et l’espace : le Shunga. Il s’agit de gravures japonaises particulièrement populaires entre le XVIIe et le XIXe siècle. Ces gravures sont pour le moins explicites et représentent différentes façons de s’aimer. Elles immortalisent des scènes de cul quoi. C’est assez fascinant. Découvrez l’histoire du Shunga (tous les liens sont érotico-pornographiques, si tu as moins de 18 ans, va plutôt lire l’article sur les chats).

erotisme shunga

Shunga, ça veut dire quoi ?

Dans un premier temps, il est important de savoir que le Shunga est chinois mais va se développer au Japon pour devenir un art national. Comme le karaoké. Ou le hentai. En Chine, les dessins érotiques connaissent une cote de popularité dès le XIVe siècle et un point culminant au XVe. Si en Europe, à cette époque là, l’idée est de faire des sous-entendus, de ne rien dévoiler d’explicite (sauf peut-être Pierre l’Aretin), en Chine, à l’époque de Muromachi, on représente des scènes de sexe diverses et variées avec une caractéristique bien précise : la taille des organes génitaux. Ils sont juste : GÉANTS.

bite bleue shunga

Le terme japonais Shunga du chinois chungonghua, signifie : « images de printemps » et non « carte postale du cul » comme on pourrait l’imaginer. Mais le printemps est aussi la période la plus propice aux rapprochements et aux coïts, alors finalement, ça a du sens. L’autre nom donné au Shunga est makura-e soit « images sous l’oreiller » et là, tout de suite, on voit où on veut en venir. Continuer la lecture

Share Button

Femmes tondues, le portrait de Marcelle Polge

Après avoir lu ces deux livres achetés grâce à Tipeee, je vous présente un article sur les femmes tondues à la Libération.

 

Dans ce nouvel article je vous parle d’une période un peu trouble. Un peu bien, un peu moche : la libération de la France en 1945. C’est la fin de l’occupation allemande, c’est la fin de la présence ennemie dans le pays, c’est la fin de la guerre, mais clairement, ce n’est ni la fin de la rancœur, ni celle des représailles. Une partie des Français souhaite sanctionner toutes les formes de collaboration avec les Allemands durant les années d’occupation, notamment la collaboration horizontale.

Femme-rasee-guerre-mondiale

Découvrez le portrait de Marcelle Polge, une jeune femme accusée d’avoir entretenu une relation avec un Allemand, mais découvrez également le phénomène de la tonte des femmes à travers son parcours.

Marcelle Polge, une icône nîmoise

Durant les années 1920, Marcel Courbier, artiste, crée « la Jeune Fille au Chevreau », une sculpture qui représente une meuf belle et un chevreau (parfois les titres n’ont pas de mystère). La fille qui a servi de modèle s’appelle Marcelle Polge. Elle est jeune, elle est belle. Elle va devenir une petite star lorsque la mairie de Nîmes décide d’acheter l’œuvre pour l’exposer dans le Jardin de la Fontaine en 1925. Tout le monde l’aime bien la petite, mais quelques années plus tard, Marcelle Polge va à nouveau être exposée aux yeux de tous. Continuer la lecture

Share Button

L’histoire du divorce, législations et libertés

En France, on compte environ 130 000 divorces par an. Soit, plus de 350 par jour. Ce n’est pas rien. Tout le monde connaît quelqu’un qui a divorcé et ce n’est pas grave. Si si, je vous jure : ce n’est pas grave ! Le divorce a une longue histoire, je vous la présente aujourd’hui.

Le divorce antique

En Grèce

Dès l’Antiquité, le divorce est très présent en Occident et particulièrement en Grèce où il est possible de divorcer de différentes manières, seul ou par consentement mutuel. Pour quitter sa femme, le mari n’a pas besoin de faire grand chose, il la vire de chez lui et la renvoie chez son père. Si elle n’a pas de père, chez son frère, si elle n’a pas de frère, son oncle, son neveu, ou bien elle se démerde. C’est la répudiation. Le problème, c’est qu’elle peut récupérer sa dot, intégralement ou partiellement (si le mari demande le divorce pour adultère, il en garde une partie). Du coup, les malins ont tendance à dire que les femmes sont des salopes et hop, ils gardent une partie du pognon.

infid grece

En revanche, si une femme veut quitter son mari, c’est une autre histoire. Bin oui, la femme, cette incapable, doit demander à son père, son frère, son oncle, bref une personne de sa famille avec une paire de couilles de servir d’intermédiaire. La demande de divorce doit être motivée. Par exemple, l’infidélité du mari, ça ne compte pas. Rien à foutre. En revanche, les mauvais traitements, physiques, économiques ou psychologiques, eux sont pris en compte. C’est déjà pas mal.

Dans tous les cas, la garde des gamins revient au père car le mariage a pour but de perpétuer le sang et le nom du père, pas de la mère. La mère est une éprouvette, rien de plus. Et la femme ne peut récupérer aucun bien matériel. Sauf si le mari y consent.

A Rome

Le divorce à Rome est également possible et légal. Dans un premier temps, seul l’époux peut demander à divorcer (si l’épouse empoisonne les enfants, si elle est stérile ou accusée d’adultère), mais la femme va également obtenir ce droit (YOUHOU). Le couple passe alors devant un tribunal domestique Il existe aussi une déesse conciliatrice du mariage, en gros, il est possible d’aller la voir et avec un peu de chance, les époux redeviennent fou(s) (et) amoureux. Continuer la lecture

Share Button

L’Empaleur Vlad III, héros et violence

Aujourd’hui je vous parle du mec qui a inspiré le personnage de Dracula, Vlad III l’Empaleur. Pas de bisounours en vue, aucun vampire non plus mais plutôt du sang et de la torture. On aime bien ça dans Raconte-moi l’Histoire, non ?

1464282589.5597animation3

« Il n’était pas très grand, mais râblé et fort, avec un aspect cruel, terrible, un nez droit, des narines dilatées, un visage mince et rougeaud où les grands yeux verts, bien fendus, étaient ombrés par des sourcils noirs, broussailleux qui les faisaient menaçants. Il avait les joues et le menton rasés et portait une moustache. Les tempes gonflées augmentaient le volume de la tête que soutenait un cou de taureau encadré par les vagues d’une légère chevelure bouclée, noire, qui retombait sur de larges épaules. » 

Description d’un émissaire à Pie II.   

Bien avant l’Empaleur, une sale ambiance

Avant de se faire connaître pour sa violence et sa caractéristique du pal, Vlad III vit dans un contexte de merde. Clairement. Il règne sur la Valachie (en Roumanie) par intermittence entre 1448 et 1476. Son bled est coincé entre le royaume de Hongrie et l’Empire Ottoman. Ce ne sont pas des rigolos. Avant le règne de Vlad l’Empaleur, la politique de la Valachie est très simple :

« retourne ta veste tant que ça te sauve la peau »

Aussi, un coup on est du côté de la Hongrie, un coup du côté des Turcs. Mais sur le long terme, on se fâche avec tout le monde. En 1447, le gouverneur de Hongrie fait exécuter le père et le frère de Vlad. Ça n’aide pas à trouver un terrain d’entente dans un contexte de paix durable. C’est pareil avec l’Empire Ottoman… Vlad ne fait pas la guerre, il n’en a pas les moyens (peu d’hommes et pas d’argent) alors il fait des trucs plus mesquins. Des assassinats surprises au sein du pouvoir Hongrois ou Ottoman, des embuscades, il prouve qu’il existe et qu’il ne se laisse pas marcher sur les pieds. Une sorte de guérilla, une guerre d’usure.


Le règne de Vlad III l’Empaleur

Pendant sa jeunesse, le petit Vladou a été prisonnier de l’Empire Ottoman et des horreurs il en a vues. Plein. Plein. Plein. Il s’y connaît bien en supplice et à son époque la décapitation, l’écorchement et la pendaison sont à la mode. Aujourd’hui c’est plutôt 49-3, matraques et lacrymo. Pour se faire remarquer un petit peu, et surtout pour effrayer ses opposants et ses pires ennemis, Vlad III va alors mettre en place le supplice du pal. Tu ne sais pas ce que ce c’est ? Continuer la lecture

Share Button