Eldorado, le fantasme sud-américain de la richesse

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Tout le monde a déjà entendu parler de l’Eldorado, cet endroit mystérieux de l’Amérique du Sud qui regorge d’or et de pierres précieuses. Pendant des siècles, les européens ont bien tenté de le trouver. En vain. Mais d’où vient ce mythe ? Tout part du peuple des Muiscas, en Colombie, et voici son histoire. Je vous préviens, ça se termine mal pour tout le monde.

Les Muiscas, qui sont-ils ?

Les Muiscas, aussi appelés Chibchas, sont les membres d’une civilisation précolombienne du XIe siècle qui a perduré pépouze jusqu’en 1550, avec l’arrivée des Espagnols. En moyenne, la population se compose de 500 000 Muiscas. La vie est plutôt cool, très hiérarchisée, mais tout le monde mange correctement. Du mais, des pommes de terre, les Muiscas vivent de l’agriculture et aussi du truc. Ils sont assez fortiches en poterie et en tissage de textile (du coton). Selon les lieux, les Muiscas peuvent aussi troquer ce qu’ils ont de plus précieux : du sel. Mais aussi du cuivre, des émeraudes…

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Dans cette société, les terres et le biens se transmettent par le père, mais le pouvoir se transmet par la mère. Les hommes qui prétendent au pouvoir, les héritiers, sont soumis à rude épreuve. Selon les époques, ils doivent connaître des jeûnes de 6 à 12 ans et des périodes d’isolement plus ou moins longues. Il existe également des prêtres, les Muiscas sont des adorateurs de la Lune et du Soleil, les Dieux.

Le rituel à l’origine de l’Eldorado

Chez les Muiscas, chaque année il faut honorer le chef de la tribu. Rien de plus simple, le chef est recouvert de poussière d’or. On imagine qu’il s’enduit d’abord le corps de boue, puis il se roule dans des paillettes d’or pour un effet bling bling à tomber. Une fois ornée de brillance, Eldorado (ou le Doré) monte sur un radeau et doit traverser le lac du Guatavita. Pendant ce temps, toute la population jette des trésors dans l’eau, des bijoux, des pierres précieuses, de l’or…Beaucoup d’or. Continuer la lecture

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Atoum se masturbe dans le Noun et…

Avec un titre pareil, je vais encore me faire taper sur les doigts mais que voulez-vous, j’y suis pour rien si la mythologie nous offre toujours de belles histoires. Aujourd’hui je vous présente Atoum. C’est un dieu de la mythologie égyptienne et son histoire est particulièrement intéressante, de fait, il a été honoré durant des siècles et des siècles, surtout à Héliopolis.

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L’apparition d’Atoum, le dieu autogène

A Heliopolis, on pense qu’avant les hommes et les dieux, il n’y avait qu’un océan appelé le Noun. Atoum, qui n’avait ni existence ni forme physique errait dans le Noun à la recherche de lui même, de son existence. C’est seulement en prenant conscience de lui-même et de son existence qu’il a pu se créer un corps comme il l’entendait. Une fois pleinement constitué, Atoum ne peut pas continuer de vivre dans le Noun, alors il façonne avec son esprit Benben, la colline primordiale sur laquelle les premiers rayons du soleil se posent à sa création. Atoum est donc seul sur sa colline. Il n’a ni femme, ni divinité, ni loisir. Atoum s’emmerde sur sa colline. Heureusement, il n’est pas le plus naze de tous les dieux et il crée sa propre descendance, tout seul.

 La naissance de Shou et Tefnout

C’est par la masturbation qu’Atoum engendre le premier couple divin. Je n’invente rien, on retrouve dans les Textes des Pyramides -à savoir encore aujourd’hui les récits religieux les plus anciens (4500 ans…)- des hiéroglyphes dont la traduction du français Claude Carrier est très claire :

« Atoum se manifesta en tant que masturbateur dans Héliopolis. Il saisit son membre et y suscita la jouissance » Continuer la lecture

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Le suicide de François Vatel au château de Chantilly

Les citations en gras sont celles de la Marquise de Sévigné, grande épistolière du Grand siècle, son témoignage nous apprend beaucoup de choses sur la vie à son époque.

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Alors que tout le monde se casse la tête pour savoir quel plat servir à Noël, il est bien inutile de se mettre la rate au court-bouillon, l’important c’est que tout le monde soit réuni et que les huîtres soient fraîches. C’est bien ce qui a causé la mort du célèbre chef, François Vatel, en 1671.

François Vatel au service des plus grands

Avant de devenir le petit chouchou de la cour de Louis XIV, François Vatel a dû faire ses preuves dans d’autres cuisines que celles du roi. D’ailleurs, il ne connaîtra jamais celles de Versailles. Bref. François Vatel a commencé au château de Vaux-le-Vicomte en 1653 auprès du surintendant Nicolas Fouquet. Il a notamment servi Anne d’Autriche et Louis XIV lors de l’inauguration du château en 1661.

vauxC’était un véritable festin, un dîner de 80 tables, avec une trentaine de buffets et cinq services à table. Le tout dans des assiettes en or massif, ou en argent pour les hôtes les moins prestigieux. Je me demande si un couteau grince autant sur de l’or que sur des assiettes ikea… Bref, c’est une réussite et le jeune François Vatel est mis à l’honneur. Lors du repas, on ne parle que de lui ! Or, lorsque Louis XIV fait arrêter Nicolas Fouquet quelques jours plus tard et qu’il compte zigouiller tout le monde, François Vatel prend ses jambes à son cou et se réfugie en Angleterre. Ce qui est un peu con car Loulou avait prévu de prendre sous ses ordres tout le personnel du château de Vaux-le-Vicomte afin d’investir Versailles. Mais Vatel passe de l’Angleterre aux Flandres et finalement, il se retrouve à travailler auprès du Prince de Condé, au château de Chantilly en tant que « contrôleur de la bouche » durant deux années entre 1667 et 1669. En gros être contrôleur de la bouche, c’est relou, tu es l’intendant de la cuisine, tu dois surveiller les achats, veiller au stock et au ravitaillement de tout ce qui se mange… Et lors des festins, les convives sont nombreux et la pression est grande car son job c’est de faire en sorte que tout soit parfait.

François Vatel organise l’inauguration de Chantilly

En 1671, les grands travaux de restauration du château de Chantilly touchent à leur fin et le prince de Condé veut marquer le coup. Faut dire que depuis qu’il a essayé de piquer le pouvoir à Louis XIV alors qu’il était gamin durant la Fronde, il se la joue plutôt discret mais là, il est temps d’enterrer la hache de guerre et Condé invite Louis XIV et toute sa cour à découvrir le nouveau château. Et c’est pas juste une petite pendaison de crémaillère, non, à l’époque de Versailles, on veut en mettre plein la vue. Louis XIV vient d’installer la galerie des Glaces dans sa demeure, alors pour l’épater faut tout donner.

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Aussi, trois jours et trois nuits de fêtes sont prévus ainsi que trois banquets pour accueillir le roi Soleil évidemment mais aussi les 3000 membres de sa cour. L’avenir du prince de Condé (qui est ruiné et tente d’entrer à nouveau dans les faveurs du roi pour renflouer les caisses) est donc entre les mains de François Vatel qui doit préparer des menus et des mises en scène dignes du roi en quinze jours seulement et Vatel est épuisé des jours passés à tout mettre en place.

« La tête me tourne, lui répliqua-t-il ; il y a douze nuits que je n’ai dormi, aidez-moi à donner des ordres. » Continuer la lecture

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Vin, gnôle… quand l’alcool des tranchées donne du courage

En 1913, les vendanges ont été bonnes, excellentes même ! Le vin coule à flot, à tel point que les vignerons du midi ne peuvent écouler tout leur stock. Aussi, lorsque la guerre éclate en août 1914, ils sont nombreux à se retrouver près des gares pour offrir une rasade aux soldats partants sur le front. On pense à cette époque que l’alcool a des capacités revigorantes et fortifiantes et qu’il est bien nécessaire pour les soldats d’en consommer. La réalité est bien différente, dans cet article je vous propose de découvrir le lien étroit entre l’alcool, les Poilus et la guerre des tranchées.

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Le vin dans le rationnement alimentaire du Poilu

Si les hommes n’ont pas attendu la Première Guerre mondiale pour consommer de l’alcool, c’est bien à cette époque-là que le vin fait son apparition dans les rations alimentaires du soldat. Au début de la guerre, les rations sont équilibrées et assez nourrissantes, idéalement elles se composent par jour et par soldat :700 grammes de pain de guerre, 600 grammes de viande (ça va vite disparaître), 60 grammes de légumes secs, de riz ou de pommes de terre. A cela on ajoute 30 grammes de lard ou de saindoux et un potage salé qu’on peut agrémenter de 20 grammes de sel. Pour le dessert ? 30 de sucre et 25 grammes de café torréfié. Enfin, en 1914, les soldats ont droit à 25 cl de vin ou 100 cl de bière/cidre plus 6cl d’eau de vie (qu’on appelle la gnôle) et d’un peu de tabac. En plus des 25 cl de vin gratuit de la ration alimentaire, les soldats ont régulièrement 25 cl qui sont payés par les fonds des compagnies. En 1916, la ration gratuite passe de 25 cl à 50 cl. Soit avec la ration des compagnies, 75 cl de vin par personne et par jour. Cela fait une bouteille. Pour assurer les rations, en 1916, l’intégralité de la production d’eau-de-vie est réquisitionnée par l’armée.

Le vin n’a qu’une seule consigne à respecter, il doit faire 9°. Pour cela on assemble souvent les vins costauds du Languedoc avec des vins plus légers du Beaujolais et Charentes. Qu’on se le dise, la plupart du temps il est dégueulasse. C’est de la piquette. Du pinard.

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En 1918, la ration quotidienne de vin par Poilu atteint le litre. Ça commence à faire, d’autant que la viande et les céréales ont quasiment disparu des assiettes et que les soldats se nourrissent principalement de potage, faute de ravitaillement mais aussi de main d’œuvre sur les terres. Les femmes qui étaient déjà dans les champs avant la guerre, avec leur mari, ne peuvent pas faire le travail de deux personnes. En ce qui concerne le vin, plus d’un tiers de la production nationale est récupéré pour les soldats, on estime entre 45 et 60 millions d’hectolitres la quantité de vin bue par les soldats durant les quatre années de guerre. Continuer la lecture

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