Les photographies érotiques d’Auguste Belloc

Il était une fois, le XIXème siècle. L’ambiance est froide glaciale, la censure règne. Faut dire que la police des mœurs fait loi et tout est prétexte pour attentat à la pudeur. Mais les gens ont le cœur chaud. Et surtout, ils aiment bien le sexe et ses représentations. Les photographes travaillent sur les méthodes photographiques, mais aussi sur des sujets aux postures lascives et aux jupons relevés. C’est le cas d’Auguste Belloc. Les liens en violet sont des images avec de la sexualité dedans. Vous voilà prévenus.

Les débuts de la photographie

Durant le XIXème siècle, la photographie va connaître d’importantes améliorations. En même temps, c’est le tout début. Des pratiques plus simples, moins coûteuses et de ce fait à la porté du plus grand nombre. En 1839, un appareil photo pèse environ 50 kilos. Dans les années 1880, seulement une dizaine. Les temps de pose sont réduits, et pour développer les clichés, des plaques sensibles sont vendues dans le commerce et sont très pratiques. Même pour ceux qui ne sont pas super balèzes dans le domaine.

Jusqu’au années 1880, la photographie est tout de même réservée aux professionnels, ou aux mecs blindés de thunes. Mais avant la Première Guerre mondiale, l’activité va se répandre. La photographie devient un loisir à la portée des classes aisées. Voire, moyennes. Ainsi, le nombre de clichés devient de plus en plus important, comme en témoignent les collections conservées dans les diverses bibliothèques.

Enfin, les photographies sont en noir et blanc, de nombreux professionnels font appel à des personnes pour les colorer. Munis d’un pinceau et d’aquarelle, ils peignent les clichés.

Le daguerréotype au service de l’érotisme

belloc

Parmi les grandes avancées photographiques, il est possible de parler des daguerréotypes, procédé de Jacques Daguerre, mais présenté par François Arago en 1839 à l’Académie des sciences et des Beaux-Arts. Les daguerréotypes permettent de photographier plus dans le détail, d’être plus précis, et ainsi, plus réaliste. C’est ce réalisme qui va mettre en exergue les photographies érotiques, surtout de femmes. Mais aussi pornographiques, avec des couples hétérosexuels, mais aussi homosexuels (mon dieu quelle horreur).

Bin oui, on veut du détail, des plis des jupons et du poil. Mais on n’a pas le droit de faire ça pour le plaisir, c’est contraire à la morale, à la pudeur et tout le tralala. Du coup, on fait passer ça pour de la science. On appelle ça « une académie ». Un académie c’est -initialement- une peinture de meuf ou de keum à poil pour la science, enregistrée auprès du gouvernement. Genre, pour connaître l’anatomie. C’est le cas de Nadar, avec sa photo Hermaphrodite. Les peintres peuvent ensuite les vendre au public à des fins éducatives en fait. Or… la plupart du temps, les personnes qui achètent une image de meufs nichons à l’air… C’est plus pour le plaisir que pour le savoir.

Les photographies finissent par pouvoir être enregistrées comme académies, mais peuvent également être vendues comme aide aux peintres. Pour une photo, le modèle doit rester en place quelques minutes, pour un tableau, plusieurs heures. Aussi, les peintres achètent des photographies pour les reproduire. Mais ça coûte cher. Genre, le prix peut s’élever à une semaine de travail pour un ouvrier. A partir de 1855, plus aucune photographie de nu n’est admise comme académie. La production et la vente sont donc interdites. Mais pas arrêtées, au contraire. C’est le début du commerce clandestin d’images érotiques.

Au XIXème siècle, des milliers de daguerréotypes érotiques ont été produits, or, à ce jour, seuls 800 existent encore. (A moins que tu en ais dans le grenier, chez papi et mamie, sans le savoir).

Le véritable inconvénient du daguerréotype est qu’il permet de produire qu’une seule photographie. Impossible de produire plusieurs tirages d’une même image. D’où les prix exorbitants des photos. Mais tout va changer en 1841 avec le procédé de calotype et l’invention du négatif qui permet enfiin de produire plusieurs tirages. Les clichés érotiques vont voir leur prix diminuer et vont ainsi se répandre partout dans la ville. D’ailleurs Paris devient rapidement le centre du business clandestin.

Auguste Belloc, victime de son succès

En octobre 1860, près de 5000 clichés érotiques (et pornographiques) sont saisis chez Auguste Belloc. 5000 quoi. Le photographe est réputé pour ses photo de nus, mais aussi pour ses recherches sur la photographie. Il est à l’origine de nombreux ouvrages tels que Causeries Photographiques, et Photographie Rationnelle, ou encore Traité d’un nouveau système de couleurs. Rapidement pris pour cible par les autorités, Auguste Belloc fera trois mois de prison pour production et détention d’images dites obscènes. La Bibliothèque Nationale de France a pu récupérer quelques stéréoscopiques pour sa collection. Les images sont aujourd’hui classées dans l’Enfer de la Bibliothèque. Cet Enfer récence toutes les images, mais aussi les livres contraire à la pudeur et à la morale du XIXème siècle. On peut en retrouver quelques uns sur Gallica.

Pour en savoir plus, ce livre est génial !

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3 thoughts on “Les photographies érotiques d’Auguste Belloc

  1. Mais oui, dans le grenier ! Les photos cochonnes de mon grand père ! En noir et blancs mais en relief ! Avant qu’il ne parte à la guerre (14/18). Il n’y en a qu’une vingtaine, mon grand père n’était pas un pro comme Belloc mais un simple collectionneur de jolie filles.

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