La religieuse de Watton, sexe et sanctions au monastère

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Sur Raconte-moi l’Histoire, on parle souvent des religions et des conflits les unes avec les autres, mais il faut savoir que si les païens ont tabassé les chrétiens, si les chrétiens ont mangé du musulman et si les protestants et chrétiens se sont mutuellement arrachés les yeux, au sein même de la chrétienté, la torture a fait ses preuves et la religieuse de Watton en a fait les frais…

La religieuse de Watton n’est pas une sainte

En 1150 (environ), l’archevêque de York, Henri Murdac, confie une petite fille de quatre ans au monastère de Watton. Le monastère est double selon la règle gilbertine, on trouve d’une part une communauté de nonnes et d’autre part une communauté de chanoines, ainsi que des frères et sœurs convers. Les convers ou lais sont les frères et sœurs chargés de toutes les activités manuelles de la communauté.

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Au fil des années, la petite fille devient une jeune femme et disons-le, elle a le feu au cul et elle tombe amoureuse d’un frère convers.

« Ils se regardaient avec caresse. La chose a d’abord été faite par des hochements de tête, mais des hochements de tête ont été suivis de signes. Finalement, le silence a été brisé, et ils ont parlé de la douceur de l’amour. Ils se sont enflammés les uns les autres; ils ont semé dans l’un l’autre les graines de la joie, l’embrasement du désir. Il prévoyait la débauche, mais elle a dit ensuite qu’elle ne pensait qu’à l’amour. »

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Elle n’a jamais choisi d’être enfermée et elle apprécie peu l’idée du célibat forcé. Tout comme la chasteté. De fait, alors qu’elle s’amourache d’un frère, il ne faut pas longtemps pour qu’elle tombe enceinte. Et ça, ça ne passe pas du tout. Le jeune frère s’enfuit et les nonnes vont piéger les deux amants pour leur faire la misère.

Les tortures de la religieuse de Watton

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Lorsque les nonnes se rendent compte que le ventre de la jeune religieuse s’arrondit, elles l’a font se déshabiller et la fouettent jusqu’au sang en lui ordonnant de livrer le nom du mec responsable de ce péché. Ensuite la jeune femme est enchaînée afin de ne pas pouvoir prévenir son amant. Pour le piéger, la communauté religieuse met en place un plan (il vaut ce qu’il vaut). Un moine habillé avec les vêtements de la jeune fille rejoint le frère sur leur lieu de rendez-vous qui était jusque-là secret. Et bam, fin de lui fuite pour le frère qui se retrouve prisonnier dans le monastère. Maintenant que les deux coupables sont officiellement découverts, la communauté cherche à les punir…

Les nonnes ne s’entendent pas sur les sanctions, certaines veulent la brûler, d’autres la griller, comme Saint-Laurent. Ou encore qu’on l’écorche vive. Mais c’est un autre plan qui va se dérouler…

« Les femmes plus âgées contenaient la ferveur des jeunes. Elle était cependant dépouillée, étirée et fouettée sans pitié. Une cellule de prison a été préparée, où elle a été attachée et enfermée. A chacun de ses pieds, deux anneaux étaient attachés avec des fers, avec deux chaînes d’un poids non négligeable. La fin de l’un était fixée dans un immense bloc de bois, et l’extrémité de l’autre tirait dehors par l’entrée, fermée par un verrou. Elle a été soutenue sur le pain et l’eau; elle était nourrie d’opprobre quotidien. »

On enlève les chaînes de la religieuse de Watton et on fait venir son amant et là, ça devient dégueu-dégueu… Les nonnes obligent la jeune femme à couper les couilles du frère pour le châtrer. De ses propres mains. Et une fois le travail réalisé, une des nonnes récupère les couilles et les fourre dans la bouche de la femme enceinte avant de la renfermer. Ambiance quoi.

« Ils lui ont mis un instrument dans les mains et l’ont obligée, à contrecoeur, à couper de ses propres mains ses parties masculines particulières. Alors un de ceux qui se tenaient près de lui saisit ces choses dont il avait été soulagé et les jeta comme elles étaient – immondes et couvertes de sang – dans la bouche de la femme pécheuse. »

A la suite de ça, le mec meurt d’une septicémie…. Non, c’est faux, il est renvoyé de son coté du monastère et il va y rester jusqu’à sa mort. Pour la religieuse de Watton, la torture n’est pas terminée. Il faut maintenant la faire avorter.

Le miracle de la religieuse de Watton

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Alors que la religieuse de Watton a été une première fois torturée, la communauté réfléchit aux méthodes pour la faire avorter rapidement, la laissant seule une nuit entière dans une cellule. C’est à ce moment-là que le miracle se produit, Henry de Murdac, l’évêque qui a intégré la religieuse dans le monastère apparaît (alors qu’il est décédé depuis belle lurette) accompagné par deux femmes. Il ôte les chaînes de la malheureuse et lui enlève son enfant. Le religieuse retrouve alors son corps de jeune femme, elle est complètement débarrassée des stigmates de ses nuits d’amour avec le frère. Au petit matin, lorsque les bourreaux entrent à nouveau dans la chambre, elles s’imaginent que la religieuse a fait disparaître le gamin mais elles se rendent vite compte qu’elle a retrouvé son visage virginal (et pourtant !) ainsi que son corps ferme de nullipare, comme si elle n’avait jamais porté cet enfant du péché. La communauté estime alors que Dieu a pardonné la jeune femme.

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Difficile de croire à cette histoire de miracle, mais c’est bien ce qu’à raconter Aelred dans son courrier aux alentours de 1160.

Ce qu’on retient de l’histoire, outre la violence des faits parce que couper des couilles à main nue et les mettre dans la bouche de quelqu’un c’est pas super bienveillant, c’est le manque de charité chrétienne de la communauté chrétienne pour la jeune femme. Aelred ne reproche pas à la communauté d’avoir réalisé ces actes, au contraire, il salue le zèle de ces femmes de Dieu qui ont pansé la blessure du Christ commise par la pécheresse. On note aussi le sentiment de dégoût que laisse transparaître l’auteur vis à vis de la grossesse qui qualifie la femme de grasse, vieille, au regard vide Au contraire de la jeune femme qui retrouve toute sa vitalité dès que l’enfant disparaît… Une sale époque quoi.

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