La sexualité du Moyen-Age en cinq points

La sexualité a toujours existé. Et ouais messieurs-dames, j’ose espérer ne rien vous apprendre. Quitte à ce que nombre de lecteurs viennent dire que ce blog est vulgaire par son contenu, aujourd’hui et les jours à venir, on va parler de sexe. L’idée c’est pas de vous raconter Youporn.com. Non. On va plutôt tenter de comprendre comment vivaient les couples (et les célibataires, et les adolescent-e-s) au Moyen-Age, qu’elles étaient les mœurs, les pratiques, et surtout les croyances et autres légendes.

Mais d’abord, petite leçon de méthodologie historique (ensuite on pourra parler de coït) :

Les sources

Comment faire ? Comment traiter un sujet aussi intime, privé, et caché ? De nos jours, les sextape et autres récits sont partout et les générations à venir n’auront aucun mal à étudier la sexualité du XXIème siècle. Mais en ce qui concerne le Moyen-Age, c’est plus compliqué.

On a différentes sources qu’il faut croiser entre elles mais surtout, il faut faire attention au fait qu’elles sont incomplètes et ne dévoilent qu’une partie de la vie privée au Moyen-Age.

Dans un premier temps, on trouve les textes de loi. Tous les documents dont dépendent la paix et l’espace public. Mais aussi les pénitentiels (fragment ici)(étude ici). Les pénitentiels c’est un genre de fichier excel manuscrit qui répertorie les fautes que tu peux commettre avec la punition qui convient selon l’age, situation maritale, et sexe. Il existe des prières à réciter plusieurs fois, telles celles-ci : (1) (2) (3) (4)
Ou encore, manger uniquement du pain et de l’eau pendant 10, 20, 60 jours ! (le truc rigolo, c’est que si par exemple, le mari infidèle est puni de 30 jours de jeûne, il peut demander à sa femme et ses enfants de participer. Aussi, pendant 10 jours, le mec, la femme, et le gosse bouffent du pain et de l’eau, et la pénitence est accordée. Le peine est divisible selon le nombre de participants)

On trouve également les archives judiciaires qui représentent au plus juste la société avec les faits au sein de la société mais aussi les sanctions appliquées ! Cependant, danger ! Et oui, pour les femmes c’était un peu compliqué d’ester en justice, le plus souvent, elles restaient silencieuses. Aussi, les archives ne sont qu’une partie de la réalité !

Pour pouvoir écrire plein de lol sur la sexualité des gens, il est également possible d’utiliser les œuvres littéraires, pour ma part, j’ai lu une partie de Les Cent Nouvelles NouvellesCa parle de cul. Oui. C’est ce qu’on veut. Mais c’est toujours le standard d’un couple hétérosexuel marié. La majorité de la population, certes, mais c’est donc toujours un reflet incomplet de la société.

Finalement, les données objectives (et leurs évolutions) sont le plus souvent utilisées pour comprendre et étudier la société d’une autre époque, c’est à dire, l’âge du mariage, le nombre d’enfant, la différence d’âge entre les enfants, mais aussi les générations.

L’évolution de la société

 L’Eglise a joué un rôle prépondérant en matière de frustration de mœurs. Mais sa parole n’a pas toujours été la même, surtout durant le Moyen-Age, loooooongue période d’un millénaire. Environ, on est pas à un ou deux ans près hein.

 On peut couper le Moyen-Age en deux selon différentes visions de l’Eglise.

 Entre le Vème et le XIème siècle, Dieu est perçu comme lointain. Le mec nous a pondu, on est là, on sait pas trop pourquoi, mais en tout cas, Dieu ne fait rien pour nous aider. Pour ne pas tomber sous le joug du diable, le mieux c’est de renoncer à tous les plaisirs. Tous. C’est radical. L’amour dans le couple n’existe pas, il est source de péché. Imagine, tu pourrais avoir envie de coucher avec ta femme trois fois par semaine. Le mariage a un but utilitaire, LA REPRODUCTION, alors vient pas me parler de sentiment en dehors de la période d’ovulation.

Entre le XIème siècle et le XVème, les choses vont changer. Outre la répression physique, il est l’heure de la répression morale. Genre : QUOI ? Tu as trompé ta femme ? Fils de Satan, tu vas me réciter trois Notre-Père et les sept psaumes pénitentiels quarante-cinq fois. Et ensuite c’est bon, tu pourras quand même aller au paradis, promis.

Les cathares et autres intégristes ont un peu mis la pagaille dans la religion. Les mecs ils sont dans l’excès, toujours. Du coup, l’Église décide qu’il faut calmer un peu le jeu. Si tu fais une bêtise, bon, c’est pas bien, mais après une culpabilisation, une confession, et un pénitentiel, tu retrouves l’amour et le pardon de dieu. L’important c’est de racheter sa faute.

A travers les différentes sources de travail et durant les deux époques du Moyen-Age se dégagent cinq constats. Attention, c’est un peu flippant, et un peu drôle si on considère que rire du malheur des autres c’est pas trop grave.

Les 5 constats de la sexualité au Moyen-Age

  • Le sperme est l’extrait le plus pur du sang : c’est « la vie à l’état liquide ». Autrement dit, les meufs et les ovules, on ne connaît pas. Au mieux, il faut lubrifier pour que ça glisse mieux. En gros, si le mec éjaculait dans un vase à bonne température il en sortirait un gosse.

  • Il y a un temps pour tout : Deux rapports par semaine c’est bien. L’hiver, les hommes sont chauds, les femmes c’est plutôt l’été. En automne personne ne veut pécho et printemps, au contraire, c’est la folie. De plus les maigres sont plus spermatiques que les gros, et les sanguins plus chauds patates que les mélancoliques. Alors il faut choisir la bonne personne et le bon moment.
  • La femme est froide, molle, fragile (et oui, tout ça !) et pourtant elle peut jouir plusieurs fois et peut épuiser l’homme. Ce dernier a besoin d’un temps de repos après le coït. D’ailleurs, le mieux pour le mec c’est d’avoir une femme un peu plus âgée, qui n’est pas vierge, ainsi, elle a épuisé son utérus avec un autre mâle. Astuce feignant.
  • La femme est le complément de l’homme. Le vagin reproduit symétriquement en creux le sexe masculin. Et si le kiff des hommes se situe au niveau du gland, évidemment, celui de la femme se trouve au fond du vagin, le col de l’utérus. C’est mathématique, c’est de la symétrie. Aussi, le clitoris n’existe pas.
  • L’orgasme c’est vraiment, vraiment fatigant : il équivaut à deux saignées. Ainsi, il faut se ménager. Juste ce qu’il faut, ni trop, ni pas assez. Ne pas faire de sexe entraîne la fureur, l’empoisonnement et conduit à la mélancolie. Alors que l’abus est encore plus dangereux puis qu’il dessèche le corps, réduit le cerveau, détruit les yeux et conduit à la stupidité. Rien que ça. Enfin, il y a deux écoles pour la jouissance : d’une part, celle de l’homme et la femme sont complémentaires et les deux sont nécessaires pour se reproduire. D’autre part, « quoi ? Ça peut jouir une femme ? N’importe quoi… L’important c’est que le sperme aille à sa place, et puis c’est tout. Alors venez pas nous parler de masturbation, encore moins de fellation »  enfin… En théorie.

Et puis parfois, on tombe sur des enluminures sexuelles, et c’est rigolo. Genre, l’amour dans l’herbe, levrette à l’ancienne, ou encore… euh… Je suis pas sûre de bien comprendre… Allez, au lit !

 

 

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9 thoughts on “La sexualité du Moyen-Age en cinq points

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  2. J’adore les 5 constats… Ils font rêver! :)
    Super article encore une fois, on rit et on apprend beaucoup. :)
    Sur ce, je me lance sur un article sur la mariage au Moyen-âge.

  3. J’adore le coup de la pénitence partagée. « Chérie, je t’ai trompée, donc tu as droit à 15 jours au pain sec et à l’eau. Tu peux me dire merci aussi. »

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