Marie Curie, femme savante mais pas seulement

Salut l’internet de France, de Navarre, et d’ailleurs. Aujourd’hui je vous propose le portrait d’une femme que l’on connait tous mais dont on ne sait pas grand chose. Marie Curie. Deux fois Prix Nobel. Deux fois mère. Toute sa vie, femme.

Les ambitions de Marie

Marie Sklodowska est polonaise, elle vit à Varsovie, sans le sou, elle donne quelques cours, elle s’emmerde. Elle veut venir en France pour s’amuser un peu. Enfin, non. Pour étudier. En 1891, elle s’inscrit en licence de sciences physiques qu’elle obtient en étant première en 1893. Vu que ça fonctionne plutôt bien, elle s’inscrit aussi en licence de mathématiques, évidemment, elle est également reçue. Pour pouvoir mettre en œuvre ses projets, Marie a besoin d’un laboratoire de recherche.

La meuf, elle veut bosser sur les propriétés magnétiques de divers aciers, alors, elle se rapproche du laboratoire de l’EPCI, l’Ecole de Physique et Chimie Industrielle.

La rencontre avec Pierre

En son sein, un grand prof-chercheur, timide et maladroit (un geek quoi). Il s’appelle Pierre Curie, il a 35 ans, il vit encore chez ses parents. Marie en a 27, elle habite le quartier latin, seule, dans un taudis. Ils travaillent longuement ensemble, mais on peut pas dire que ce soit vraiment un coup de foudre. Oh non. Ça travaille, ça travaille.

Et puis c’est le drame, le Pierrot, il devient un peu amoureux alors que Marie qui termine ses études veut retourner en Pologne travailler auprès de son père. Maintenant qu’elle a obtenu ses diplômes et la reconnaissance de ses pairs, rien ne la retient en France. Enfin… le 10 août 1894 elle reçoit une lettre qui va la convaincre de rester : Ce serait cependant une belle chose, à laquelle je n’ose croire, que de passer la vie l’un près de l’autre, hypnotisés dans nos rêves : votre rêve patriotique, notre rêve humanitaire et notre rêve scientifique ».

Une vie de famille

 Le 26 juillet 1895 ça se roule des pelles dans la mairie de Sceaux après avoir signé leur acte de mariage civil. Un mariage pas tellement funky, c’est très simple, pas de fête, pas d’invité, mais une robe bleue et un voyage de noces en bicyclette à travers l’Ile-de-France (je t’avais dis que c’était pas funky).

A leur retour, ils s’installent rue Glacière (pas loin des Gobelins). Pierre est toujours prof à l’EPCI, Marie fait de la recherche.


Entre deux études sur les aciers, sans doute le couple a-t-il eu l’occasion de coïter puisque le 12 septembre 1897, c’est la naissance de Irène. Leur première fille. C’est bien beau d’être maman hein, mais Marie elle a quand même autre chose à faire que de rester à la maison s’occuper d’une gamine qui pleure, qui mange et qui n’y connaît rien en magnétisme des aciers et autres trucs du genre, alors le père de Pierre s’installe chez eux pour garder Irène, le temps que Marie retrouve ses activités aux laboratoires. Elle commence une thèse sur l’étude des rayons uraniques…

La recherche

 Marie passe ses journées dans un vieux labo dégueu de l’EPCI, et un jour, en 1898, en travaillant sur les rayons uraniques, elle découvre [accrochez-vous] le caractère atomique du rayonnement de l’uranium et du thorium, ainsi que [accrochez-vous encore] la présence dans les minéraux d’uranium (la pechblende et la chalcolite) d’un élément inconnu.

Cet élément va rendre le couple Curie complètement fou. Pierre abandonne son travail et Marie passe tout son temps au labo pour identifier le machin. Après des mois de travail, on découvre enfin ce qu’est cet élément inconnu. YOUPITRALALA. Marie décide de l’appeler le polonium, en l’hommage à son pays. La Pologne (on sait jamais, si y’en a qui suivent pas…). ET PUIS SURPRISE, le 19 décembre 1898, les chercheurs découvrent qu’il y a un autre élément inconnu radioactif dans la pechblende, bien plus puissant que le polonium, le radium.

Leur nouveau délire, c’est d’obtenir du radium pur. C’est pas super super évident.

Le couple doit changer de laboratoire, ils vont y rester pendant quatre ans. Pas 24h/24 mais presque. Les conditions y sont terribles, ils se déplacent entre les tubes à essais et alambics, c’est pas isolé, ils ont chaud, froid, et puis surtout, ils respirent toute la journée des vapeurs toxiques. Désormais, Marie se spécialise en chimie, avec la purification des éléments radioactifs, alors que Pierrot travaille sur l’étude physique de la radioactivité.

Ensemble, plus unis que jamais, ils parviennent le 22 avril 1903 à obtenir un décigramme de chlorure de radium pur. VICTOIRE !

La reconnaissance 

Dès la découverte du radium pur, ça aurait dû être la grosse fiesta dans la vie du couple, mais que nenni. Marie et Pierre Curie refusent de faire breveter leur travail. Et oui, ils estiment que tout le monde a le droit de trouver des applications à leur découverte. Classe.

Cependant, ils ne sont pas en reste, Pierre donne des cours supplémentaires à la Sorbonne, et Marie est nommée à l’école normale de jeunes filles de Sèvres. En 1903, Marie devient docteur es sciences physiques avec la mention très honorable. C’est pas mal. Mais cinq mois plus tard, le couple reçoit le prix Nobel de Physique. Pierre a du lutter pour que sa femme ait aussi droit aux honneurs, c’est vrai, à l’époque les meufs chercheuses… Bon… C’était pas facile d’admettre qu’elles n’étaient pas là que pour laver les tubes à essais.

Hélas, Marie et Pierre ne peuvent pas se rendre à Stockholm pour récupérer leur prix, ils ne l’auront en mains qu’en 1905. Faut dire que Marie a fait une fausse couche… Des années de surmenage, exposée aux produits toxiques et aux irradiations…

En 1904, Ève Curie voit le jour, elle est en parfaite santé, Marie aussi.

C’est la belle vie pour la famille Curie, Marie continue la recherche et l’enseignement, Pierre tente de trouver une utilisation médicale de leurs découverte. Ce sera la curiethérapie, soit le traitement du cancer par le radium (encore utilisée aujourd’hui!).

Malheureusement, et c’est vraiment, vraiment (vraiment) super con, le 19 avril 1906, en sortant d’une réunion de l’Association des professeurs des facultés des sciences, Pierre Curie traverse la rue Dauphine et est renversé par une voiture. Il meurt.

La vie sans Pierre Curie

L’ironie de la vie, le mec s’emploie à découvrir des trucs de ouf, il soigne des malades, et puis il meurt écrasé. Bêtement. En attendant, Marie reçoit des centaines de lettres de condoléances de scientifiques, leurs travaux ont fait bien plus que marquer les esprits, ils ont sauvé des vies.

Marie va continuer son travail de recherche, mais elle récupère également la place de Pierre à l’université. Oui, contrairement à la bêtise tradition, une femme est nommée professeur à la faculté des sciences. Ainsi, se produit une étape importante pour les femmes et l’accès aux métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur.

 

Le 10 décembre 1911, Marie reçoit le prix Nobel de chimie. Et ça tombe plutôt pas mal parce qu’elle a connu une année plutôt difficile.

Les aléas de la gloire… Et de la guerre. 

Un mois auparavant, des journaux à scandale l’accusent d’être à l’origine du divorce de Paul Langevin. Malheureux en couple, Paul est ami avec Marie depuis longtemps et puis ils s’échangent du courrier. Souvent. Et ils se dragouillent aussi, un peu. Beaucoup même. Marie passe pour la meuf étrangère qui brise les ménages français… GENRE OULALA la Polonaise, l’ennemi du peuple français… On a déjà vu ça

Marie passe outre et file à Stockholm récupérer son prix et continue ses recherches au sein de l’Institut du radium qu’elle a créé. Marie est la première femme a obtenir deux Prix Nobel dans deux catégories différentes. Bien ouej.

Pendant la guerre, Marie va rejoindre le front pour effectuer des radiographies des soldats. Une première dans le monde de la guerre.

A partir des années 1920, Marie est atteinte d’une leucémie radio-induite qui a déclenché une anémie aplasique. En gros, elle a été trop longtemps exposée aux éléments radioactifs. En 1934, elle part se faire soigner au sanatorium à Passy, en Haute-Savoie. Elle décède le 4 juillet de cette même année.

Le parcours de Marie Curie a encouragé les femmes à investir le terrain des métiers scientifiques jusque là réservés aux hommes. Le fait que le nombre relatif de femmes scientifiques soit en France aujourd’hui, plus élevé que dans nombre d’autres pays reflète en partie cet élan initial.

A ce jour, et depuis 1995, Marie Curie est la seule femme à reposer au Panthéon pour son mérite personnel.

 

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5 thoughts on “Marie Curie, femme savante mais pas seulement

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    • Et en fait c’est cinq prix Nobel qu’il faut attribuer à Marie Curie: un pour son mari, un pour sa flle, un pour son beau-fils et donc deux pour elle …
      en tout cas merveilleuse façon de raconter l’histoire avec justesse et humanité .- et une pointe d’humour très Charlie !

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