Le soutien-gorge, ou l’histoire du nichon fier

Du bonnet A au bonnet… Au bonnet quoi d’ailleurs ? F, G ? On me signale que le nichon le plus gros trouvera soutien et maintien dans un bonnet K ! Le soutien-gorge tel qu’on le connaît, le plus classique avec deux bonnets et deux bretelles, est né au XXème siècle, et avant ? On faisait comment ? Découvrez l’histoire du soutien-gorge !

 soutien gorge au crochet

La bandelette antique

Durant l’antiquité, le soutien-gorge n’existe pas, mais en Grèce, aux alentours du Vème siècle avant notre ère, les femmes utilisent des sous-vêtements pour cacher leurs formes. Il faut gommer les hanches et la poitrine. Il faut faire disparaître tout ce qui peut être féminin en fait. Aussi, les Grecques portent-elles des brassières, ou mastodeton, de larges et longues bandes qu’elles s’enroulent autour de la poitrine. L’idée, c’est de comprimer dès l’adolescence pour limiter la croissance des nichons… Bonne ambiance.

A Sparte, les femmes portent des tuniques serrées sous la poitrine, ça fait sortir les nichons, et en plus de ça, loin de la pudeur qu’on connaît, les femmes n’hésitaient pas à ne cacher qu’un seul sein, le droit, et laisser le gauche à l’air libre !

baigneuses-romaines-long

A Rome, on fait pareil, on cache tout… Il n’y a que les noms qui changent. Le zona sert à masquer les hanches, et les bandelettes pour poitrine sont appelés strophium, ou encore  taenia ou d’un fascia. C’est comme une grande écharpe qui sert à draper et comprimer les seins pour les faire disparaître sous la robe. Pendant le sexe, certaines prostituées gardent leur soutif, genre, non, ils sont trop gros, j’ai honte !

De manière générale, en Égypte ancienne, les femmes vivent seins nus ou en robe, mais elles ne portent pas de soutien-gorge.

 Corsets et interdits médiévaux

 

Au Moyen-Age, il y a deux temps. Avant 1370, et après. Au début, les femmes portent des corsets lacés dans le dos pour un effet plongeant des plus réussi ! Le corsage, appelé gourgandine, laisse déborder les seins et les tétons sont bien souvent apparents !

Et puis, ensuite, c’est interdit. En 1370, un édit stipule qu’il est interdit de se soutenir la poitrine « que ce soit par disposition de la chemise ou par robe lacée ». Du coup, les femmes ne portent plus rien. On peut penser qu’à 32 ans, les nanas se retrouvaient avec les nichons au niveau du nombril, mais des études tendent à prouver le contraire, au contraire, le fait de porter un soutien à la poitrine atrophie le haut du muscle et du coup, quand tu enlèves le soutif, paf, ça tombe au niveau des genoux. Du coup, à cette époque, on cache, et on porte des gorgerettes, c’est un sous-vêtement qui sert à cacher le cou.

La Renaissance du corset

Au diable l’édit de 1370 ! Vive le corset, et vive le nichon fier ! Le corset redevient le symbole de la féminité, de la sensualité et adieu la respiration et les organes à leur place. Bin oui, le corset, ça peut être joli, élégant, sexy ou je ne sais quoi, mais ça te comprime la cage thoracique et ça réduit ton estomac. Alors, tu as le nichon bien haut et bien fier, la taille fine et les hanches larges, certes, mais tu peux ni manger, ni respirer correctement…. Et ça va être ça pendant plus de 500 ans. Chacun son délire hein mais moi j’aime bien pouvoir respirer. C’est pratique en plus.

corser

Les corsets sont en tissu, ils se serrent grâce à un système de lacets. Et puis, au fil du temps, ça évolue, les formes changent, on laisse plus de place aux hanches, au ventre, ou aux seins, selon les époques mais pour plus d’efficacité on ajoute des pièces en bois, ou des tiges en métal pour maintenir fermement toute cette chair.

Autres conséquences du port du corset : escarres, fausses couches, déformation de la cage thoracique et de la colonne vertébrale et atrophie des muscles dorsaux et abdominaux…

  • Jolis nichons !

  • Merci, toi aussi, ta scoliose te va à ravir !

 

 Le XIXème siècle

Durant les années 1900, le corset est autant apprécié que rejeté. On reconnaît les conséquences, mais on continue de le modifier, le resserrer… A cette époque, il descend sur les hanches, possède deux bretelles et écrase bien bien les nichons. D’autant qu’à l’époque, il est élégant et classieux d’avoir l’air malade, pale, faible. Comme Kate Moss quand elle pesait 13 kg.

herminie carolle

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En 1889, c’est la première étape de l’évolution du corset au soutien gorge, Hermine Cadolle va créer un corset plus agréable : le Bien-Etre. Le corset de la Française est en deux parties. Le serre-taille et une autre partie qui retient et rehausse la poitrine. L’idée plait aux médecins, car le corset permet une meilleure respiration car il ne comprime pas le haut du corps. Mais ça va pas plaire aux meufs, et le Bien-Etre va être très peu vendu.

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Le XXème, siècle du soutien-gorge

En 1904, c’est le début de la reconnaissance du soutien-gorge. Mais il ne s’appelle pas encore soutien-gorge, on parle de gorgerette, de maintien-gorge, ou encore de brassière. C’est d’ailleurs l’utilisation du mot « brassière » en 1907, qui donnera « bra » en anglais, alors que nous, on aime bien les mots doubles, et long : soutien-gorge.

Le premier morceau de tissu qui porte le nom de soutien-gorge est une invention américaine : Mary Phelps Jacob se met à coudre deux triangles, et des trucs pour les relier. Le soutien-gorge à bonnets est né (néné), il est en lin et est très vite adopté. Avec la Première Guerre mondiale, les femmes en Europe se retrouvent en activité et le corset c’est un peu chiant pour travailler les champs, être utiles sur des champs de batailles, ou pour respirer. Alors oust le corset, et bienvenu au soutien-gorge.

Soutien gorge - 1920

Dans les années 20, c’est l’époque de la garçonne. Cheveux courts, style androgyne, on cache de nouveau les formes. On fait disparaître les hanches dans des culottes gaines et les soutiens-gorges bandeaux, qui sans comprimer les seins, tendent à les amenuir.

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La mode est aux nichons pointus durant les années 1950. Les pin-up vont porter des soutiens-gorges triangulaires, et ils vont s’étendre à une grande part de la population. Madonna en fait d’ailleurs l’éloge dans les années 1990.

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Petit à petit, le soutien-gorge avance, évolue, les matières élastiques, le coton, et puis durant les années 1970, c’est la révolution. Pour revendiquer l’égalité des droits et sociales, les femmes brûlent leurs soutiens-gorges. C’est une image hein, elles les enlèvent mais ne les brûlent pas sur les places publiques. Oui, les femmes ont le droit de coucher avec qui elles veulent, quand elles veulent et elles ont le téton libre ! 

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Quelques temps sans porter de soutif, et puis, la mode change, la femme est toujours libre, mais le soutien-gorge n’est pas une menace. La femme le choisit, le porte et l’enlève quand elle le souhaite. Chantal Thomass devient l’héroïne des années 1980 avec ses collections de sous-vêtements. En 1990, la vraie star des tiroirs, c’est le push-up. Inventé durant les années 1960, il a rapidement été évincé pour revenir plus fort, plus puissant et encore plus galbant ! Depuis, il existe toutes les formes possibles et inimaginables de soutien-gorge !

tipee baniere

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2 thoughts on “Le soutien-gorge, ou l’histoire du nichon fier

  1. La blague de mon beau-père, c’est l’occasion de la placer :
    - quelle est la capitale française du soutien gorge?
    Réponse. …
    ….
    …..
    ….
    ….
    Saint Céré

    C’est dans le Lot

  2. Pingback: Phryné, la prostituée sauvée par sa poitrine | Raconte-moi l'Histoire

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