Perceval le Gallois, ce n’est pas qu’un gros con

Pourquoi Perceval est con ? Et pourquoi ce n’est pas de sa faute ?

Au moyen âge, les légendes sont super importantes. Elles stimulent l’imagination et te balancent une bonne dose de morale en pleine face. Des légendes, il y en a plein, mais la plus connue est celle du roi Arthur, de la Table Ronde et de la recherche de Graal. Eh oui, parce qu’en fait, Merlin, il n’a jamais vraiment existé. Pareil pour Arthur, Guenièvre, Lancelot et Perceval.

 

Si nous connaissons tous, ou presque, la version moderne des chevaliers de la Table Ronde à travers Kaamelott, aujourd’hui je vous propose de découvrir la version médiévale de la vie de Perceval le Gallois. Finalement, on se rend compte qu’il n’est pas aussi teubé qu’on peut le croire (non, je déconne, mais il a des circonstances atténuantes).

Une mère poule, et une enfance un peu pourrave

Selon la légende de Chrétien de Troyes, la mère de Perceval, dont on ignore le prénom, a décidé de changer de vie le jour où son mari, le roi Pellinor de Listenois et ses fils, Tor, Lamorat de Galles, Agloval, et Dornar, ont été tués. Ils étaient tous de valeureux chevaliers, mais bon, ils sont morts. Alors valeureux, OK, mais résistants, je ne sais pas. 

La veuve se retrouve seule avec le dernier de ses fils, Perceval. Aussi, elle décide de partir vivre au milieu d’une forêt. Dans la demeure, aucune armure ou autre équipement de guerre. Rien du tout. De là à se battre avec un fenouil, il n’y a qu’un pas.

Maintenant imagine, tu es un jeune garçon, tu vis avec ta mère au milieu d’une forêt, coupé de la vie réelle. Bin, ça n’aide pas à se construire et à devenir un homme. D’ailleurs les relations sociales, tu ne connais pas trop. Il y a bien les pécores, les paysans des terres de ta mère qui discutent 5 minutes, mais sont pas tellement futfut non plus. Du coup, tu n’as absolument aucun savoir. En revanche, tu sais compter et chasser. La chasse tu aimes ça, les fruits au sirop aussi.

La rencontre avec les chevaliers de la Table Ronde

Un beau jour du printemps de l’année de ses 15 ans, Perceval prend trois javelots, son cheval et part s’entraîner à la chasse à courre. Après avoir lancé ses javelots dix fois en l’air et tout autant à terre, Perceval entend un brouhaha venir de la forêt. Il s’agit de cinq chevaliers bardés de cuir et de fer, les lances heurtent les branches et le mec a peur. Genre vraiment, il n’a jamais vu ça, sa mère ne lui en a jamais parlé. Il pense que se sont des démons, il s’empresse de faire des signes de croix et de prier pour son salut. Moi, si vraiment j’ai peur, je cours, ou je pleure. Le plus vite possible. Je fais pas des signes de croix. Chacun son délire.

Au sortir de la forêt, les chevaliers apparaissent lumineux et Perceval se rend compte qu’il s’est trompé. Il ne s’agit pas de démons effrayants mais en fait des anges (il se trompe encore, en fait les chevaliers sont des chevaliers). Pour son erreur, Perceval se met à genoux et prie pour demander pardon.

Les mecs, les chevaliers, lui demandent ce qu’il est en train de foutre, de se lever, et c’est à ce moment là que Perceval découvre le monde de la chevalerie. Ce monde dont voulait le préserver sa mère poule et qui va finalement les faire se séparer.

Perceval quitte sa mère et la forêt, direction Camelot, pour rejoindre la Table Ronde, le roi Arthur et partir à la recherche du saint Graal. Rapidement, Perceval est surnommé « Perceval le nice ». Autrement dit, le naïf, le teubé.

Le chevalier de l’éloquence, ah non

Comme tous les chevaliers de la Table Ronde, Perceval se lance donc à la quête du Graal. Le Graal, c’est la coupe dans laquelle Joseph d’Arimathie aurait recueilli le sang du Christ. On sait pas trop à quoi ça ressemble, ça pourrait très bien être un bocal à anchois. Bref. Un jour Perceval part en mission dans un château mystérieux. C’est hyper classe.

Alors qu’il est en train de manger avec son hôte, un vieillard impotent, un valet d’une blancheur surprenante passe la porte. Dans sa main, une épée. Au bout de l’épée, une goutte de sang. Derrière lui, deux autres valets qui portent des chandeliers d’or fin, et en bout de cortège, une jeune fille tient dans ses mains une coupe d’or sertie de pierreries. Elle est suivie par une autre pucelle qui tient, elle, un plat d’argent.

Le Graal est en train de passer sous les yeux de Perceval, mais il ne le sait pas, puisqu’il est resté muet comme une carpe. #VraimentTocard le Perceval ? Non.

En fait, c’est plus compliqué, plus tard, dans la quête du Graal, le Gallois va rencontrer un ermite qui lui explique pourquoi toute sa vie, à des moments importants, il est resté muet. Lorsqu’il a quitté sa mère pour la chevalerie, elle a été tellement triste qu’elle en est morte. Alors puni par les dieux, Perceval a perdu sa langue.

EH BIM. La voila la morale, prise en pleine face. Si tu fais pleurer ta mère, tu seras puni.

L’ermite lui explique ensuite que le seul moyen pour lui de retrouver l’éloquence, c’est d’aller à l’Église chaque jour et de demander pardon a Dieu. Mais on peut pas trop savoir si ça a fonctionné ou pas parce que Chrétien de Troyes n’a jamais terminé la légende…

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10 thoughts on “Perceval le Gallois, ce n’est pas qu’un gros con

  1. Très bien résumé ! Sinon il manque aussi une partie de la légende qui dit que Perceval était tellement nul aux armes qu’il a été envoyé bosser en cuisine avant de partir en quête du graal! (D’où le clin d’oeil dans kaamelott où Arthur lui dit: « vous pourriez vous trimballer avec une cuillère ça change pas que vous êtes chevalier ! »

    :-)

  2. J’ai revu le livre de Chrétien de Troyes et c’est bien une lance qui saigne =)
    Et aussi qu’il est pas trop doué avec les minettes : il embrasse une jeune fille de force, lui pique sa bague et par sa faute, elle est maltraitée par son fiancé… bon, il va essayer de la défendre ensuite mais il faut l’avouer, il est pas plus fut-fut dans le livre qu’à la télé !

  3. C’est marrant, dans la version de mes souvenirs, si Perceval se tait quand passe le Graal, c’est que la fois d’avant, il a posé des questions tellement con que ça a failli provoquer un incident chez le seigneur chez qui ils étaient, et que son mentor lui a dit « A partir de maintenant, tu fermes ta gueule et tu arrêtes de poser des questions débiles ».

    Là où c’est ballot, c’est qu’après le passage du Graal, la fille du roi lui dit que s’il avait demandé ce que c’était, la malédiction qui pesait sur son père aurait été levée, le Graal aurait été dévoilé à la face du monde et ils auraient pu aller faire des galipettes tous les deux dans un lit (parce que bon, le type qui sauve son père, il a tout de suite une aura assez impressionnante). Mais que comme il ne l’a pas fait, c’est ceinture et la certitude qu’il ne reverra plus jamais le Graal…

  4. C’est un article pour les Kaamelottophiles où je ne m’y connais pas !

    Quand à savoir si  » Merlin, il n’a jamais vraiment existé. Pareil pour Arthur, Guenièvre, Lancelot et Perceval. »… Pas les versions légendaires, mais des inspirations bien plus terre à terre sont bien évoquées régulièrement, surtout pour Arthur.

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