Salai, amant de Léonard de Vinci et modèle de la Joconde ?

Leonardo

Et si derrière le portrait de la Joconde se cachait un homme ? Gian Giacomo Caprotti da Oreno est un modèle et probable amant de Léonard de Vinci. L’artiste lui a donné le doux surnom de Salai, découvrez son histoire.

La relation de Salai et Léonard de Vinci

 

Gian Giacomo est né aux alentours de 1485 à Milan dans une famille de vignerons. Son père Pietro di Giovanni entretient une partie du vignoble de Léonard de Vinci. Durant ses dix premières années, le jeune garçon est livré à lui-même, plus ou moins inculte, vêtu de guenille, maladroit mais il est très curieux et ça plait beaucoup à Léonard de Vinci qui décide de le prendre sous son aile. Il donne quelques pièces à son père et le recueille, il veut lui apprendre la peinture dans sa bottega. Dans son atelier, il l’initie avec d’autres jeunes personnes à la peinture lombarde, comme Francesco Melzi.

Les premières années ne se passent pas très bien entre le maître et le jeune garçon. Il le surnomme rapidement Salai (il salaino) qui signifie le petit diable car disons-le, il fait plein de conneries. Il ment, il vole de l’argent, des objets, de la nourriture (alors qu’il n’en manque plus) et il dépense sans compter, notamment pour s’acheter des vêtements et une vingtaine de paires de chaussures. Mais Léonard aime la présence de ce beau mec à ses côtés, il est gracieux et possède des cheveux fins et bouclés que le maître aime représenter dans ses carnets de croquis (parfois érotiques), mais pas seulement. En effet, Salai a servi de modèle pour de nombreux tableaux comme Saint Jean Baptiste.

Le séjour en France de Salai, Melzi et Léonard de Vinci

Avec Francesco Melzi, l’élève préféré de Léonard, ils forment une équipe, les deux jeunes hommes suivent le maître (qui a 40 ans de plus qu’eux) partout en Italie et en France selon les commandes. Lorsque Melzi rejoint l’atelier en 1506 environ, les relations de Salai et Vinci changent car il faut le dire Salai se débrouille pas trop mal avec un pinceau (il a notamment peint une copie érotique de la Joconde : Monna Vanna) mais aux yeux du maître, ce n’est pas un artiste, il est doué mais sans talent particulier contrairement à Melzi. Pour autant Léonard de Vinci ne dénigre pas Salai et continue de le prendre pour modèle.

Bacchus_(painting)

En 1516, François Ier, roi de France, invite Léonard de Vinci et ses deux élèves au manoir du Cloux. Il devient leur nouveau mécène, c’est une proposition que l’artiste ne peut pas refuser alors il prépare ses affaires, et les trois hommes montent à dos de mulet pour traverser les Alpes en direction de la France. Dans ses bagages, le génie n’oublie pas de prendre trois toiles qui font encore aujourd’hui toute sa renommée : Saint Jean Baptiste, La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne et évidemment la Joconde.

La séparation entre Salai et Leonard de Vinci

Salai ne va rester que deux ans en France, en 1518, il décide de quitter ses compagnons pour retourner en Italie. Son maître lui a légué un vignoble dans lequel il va construire une maison et vivre avec la femme qu’il épouse en 1523 : Bianca Coldiroli. Hélas, il décède en 1524 d’une mort plutôt violente en recevant un carreau d’arbalète. Soit assassiné, soit lors d’un duel. L’histoire est assez floue à ce propos, tout comme tout ce qui concerne les véritables relations entre Léonard de Vinci et ses élèves.

Salai était-il l’amant de Léonard de Vinci ?

Melzi raconte facilement dans ses écrits que le maître avait des rapports d’amour et passionnel avec ses élèves. A n’en pas douter, ils ont couché ensemble. De nombreux auteurs parlent de l’homosexualité du maître et de sa pédérastie qui ressort de ses tableaux : les personnages sont androgynes et juvéniles. Pas un poil au menton de Bacchus ou de Saint Jean Baptiste. C’est également ce qui nous fait penser que Salai a pu servir de modèle à Léonard de Vinci pour la Joconde.

Salai e(s)t la Joconde

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Si tout porte à croire que la Joconde est une représentation de Lisa Gherardini, des chercheurs italiens ont cherché à prouver que Salai a bien servi de modèle à Léonard de Vinci pour la Joconde. En 2011, Silvano Vincenti, alors président du « comité national pour la valorisation des biens historiques » c’est un organisme PRIVE d’histoire de l’art) montre les similitudes du visage entre celui de la Joconde et celui de Salai dans des tableaux comme l’Ange Incarné ou Saint Jean Baptiste comme le nez et la bouche. Sophie Herfort parle aussi de personnage sans poitrine et large d’épaule, comme Salai, dans les premières esquisses du tableau. Je veux bien voir des ressemblances, mais après le Silvano Vincetti, il s’emballe un peu en disant avoir trouvé les lettres L (pour Léonardo) et S (pour Salai) dans les yeux de la Joconde. Les historiens de l’art et spécialistes de Léonard de Vinci pensent qu’il s’agit plutôt de fissures liées au vieillissement du tableau… Alors aujourd’hui, je crois qu’on ne peut pas l’affirmer !

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