La Belle Cordière, une trainée aux milles mots ?

Aujourd’hui je vous propose un article un peu particulier. Alors que j’errais comme une âme en peine sur Gallica le soir du 14 février (ne me jugez pas) je suis tombée sur une série de poèmes avec plein d’amour et un peu de sexe dedans. J’avais mis les deux yeux dans la vie de Louise Labé. C’est beau, c’est bien fait, j’ai eu envie de partager.  Et puis, en fouillant un petit peu plus, j’ai découvert un ouvrage sur la vie et les mœurs de la poétesse. J’ai décidé d’utiliser les deux pour vous la présenter.

Louise Labé, Louize L’abbé, Loyze Labé. On ne sait pas trop, on le trouve écrit sous toutes ces formes, et d’autres encore. Nous pouvons encore l’appeler la Belle Cordière, comme il était d’usage au XVIème siècle. Revenons ensemble sur son histoire:

L’éducation de Louise Labé

Le père de Louise Labé, Pierre Charly, est cordelier, il travaille le lin, la soie, et le chanvre. Et il a plein d’argent aussi. C’est pratique pour donner à sa fille une éducation digne des plus grands. Louise peut apprendre la musique, les langues (et c’était encore assez rare à la Renaissance), l’équitation et même le maniement des armes. Une femme qui apprend à se battre. Oui. Genre, pas du self-défense, non, faire la guerre. D’ailleurs il est possible qu’elle ait assisté au siège Perpignan en 1642. Peu convaincue par l’art de la guerre, elle préfère écrire, et l’amour. Et écrire de l’amour, du coup.

Louise s’est mariée avec un cordelier, Ennemond Perrin. Certains prétendent que le surnom « La Belle Cordière » viendrait de l’enseigne de la boutique éponyme. En attendant, elle est devenue célèbre, on a parlé d’elle pour diverses raisons…

louise LAbbé, vie et moeurs, def

C’est joli comme ça, mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’elle est à la fois une jolie femme avec un cerveau bien plein, elle écrit. A la mort de son mari, Louise sort beaucoup, embrasse beaucoup, et elle écrit encore plus. Elle connaît soit-disant de nombreuses relations, hétérosexuelles et homosexuelles, elle est libre, indépendante, une battante. Elle commence a avoir une certaine renommée, et c’est un peu le début des emmerdes.

La vie d’artiste

Depuis qu’elle est veuve, La Belle Cordelière connait nombreuses aventures. Aussi écrit-elle divers sonnets en l’honneur de la vie. Louise parle de passions, d’aventures, de baisers chauds et amoureux, d’amour, de retrouvailles, de sexe. « Le plus grand plaisir après l’amour, c’est d’en parler ». Biiim. Il n’en fallait pas plus, pour que rapidement, les plus envieux la qualifient de courtisane. Or, aucun de ses proches n’y font référence. Ce sont plutôt ses ennemis qui tentent de faire courir de telles rumeurs. A cela s’ajoute la jalousie des femmes de son temps, et les lyonnaises de la Renaissance, elles sont pas sympas.

louise LAbbé, vie et moeurs, p27 jalosuie

En réalité, il semble que la Belle Cordière a connu diverses situations dans sa vie, femme aimante et fidèle, veuve coquette, et puis une séduisante galante. Louise répond aux critiques avec sa plus belle plume:

« Las que mon nom n’en soit par vous blâmé, si j’ai failli, les peines sont présentes, n’aigrissez point leurs pointes violentes: Mais estimez, qu’Amour, à point nommé (…) pourra s’il veut, plus vous rendre amoureuses »

Adulée par les hommes, souvent jalousée. La belle vie quoi. Louise Labé est morte le 25 avril 1566. Enfin, peut-être… Du fait du manque cruel d’informations sur la Belle Cordière, les plus médisants prétendent qu’elle n’a jamais existé. Louise Labé serait une « créature de papier » sortie tout droit d’un groupe de poètes. Je ne sais pas, on ne le saura probablement jamais.

Dans tous les cas, voici un épitaphe, que par exemple, je veux le même.

louise LAbbé, vie et moeurs, épitaphe

Je vous laisse avec les sonnets de Louise Labé et les liens Gallica, au dessous. Clique, c’est bon pour la culture. Je reviens bientôt vous parler de l’Italie.

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3 thoughts on “La Belle Cordière, une trainée aux milles mots ?

  1. Merci de ces jolis vers en Ancien Français ! Cela me rappelle mes doux cours de Licence… (j’exagère peut-être, mais en tout cas c’étaient les meilleurs auxquels j’assistais et me marrais en compagnie de mes vaillantes compères de Lettres)

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